
Sécurité routière en Guinée : l’urgence d’agir face aux accidents impliquant motos et poids lourds
La sécurité routière constitue aujourd’hui un véritable enjeu de société en République de Guinée. Chaque accident grave rappelle que derrière les statistiques se trouvent des vies perdues, des familles endeuillées, des personnes handicapées et des conséquences économiques importantes.
Les chiffres officiels illustrent l’ampleur du phénomène. Selon les données communiquées par l’Agence Guinéenne de la Sécurité Routière (AGUISER), 3 305 accidents de la circulation ont été enregistrés en Guinée en 2025, soit une augmentation de 33,5 % par rapport à 2024. Ces accidents ont causé 528 décès, 702 blessés graves et 888 blessés légers.
Les motos : une catégorie particulièrement vulnérable
Le développement rapide de l’utilisation des motos et des motos-taxis facilite considérablement les déplacements, notamment à l’intérieur du pays. Mais cette évolution doit nécessairement être accompagnée d’une véritable culture de sécurité routière.
Les motocyclistes restent particulièrement exposés en raison de l’absence de carrosserie et de protection physique. L’excès de vitesse, le non-port du casque, le transport de plusieurs passagers, les dépassements dangereux, l’insuffisance de formation et le non-respect des règles de priorité peuvent transformer une simple erreur de conduite en drame.
Les statistiques officielles montrent d'ailleurs l'importance du phénomène.
Pour les accidents enregistrés en 2025, l’AGUISER a notamment recensé des dommages importants concernant 1 085 motos, ainsi que des dommages légers concernant 1 888 motos.
La professionnalisation des conducteurs de motos doit donc devenir une priorité. L’apprentissage du Code de la route, la maîtrise pratique de la moto, le port systématique du casque et l’obtention du permis correspondant à la catégorie du véhicule doivent progressivement devenir des réflexes.
Le lancement, en novembre 2025, du processus de délivrance du permis de conduire biométrique pour les motocyclistes des catégories A et A1 constitue à ce titre une avancée importante.
Les poids lourds : renforcer la prévention avant le départ
Les camions et autres poids lourds constituent un autre défi majeur. Leur poids, leurs dimensions et leurs distances de freinage font qu’un accident impliquant un camion peut avoir des conséquences particulièrement graves.
Les événements récents doivent nous interpeller. Le 26 juillet 2026, deux accidents distincts impliquant des camions, à Sanoyah et à Labé, ont fait au total quatre morts et plusieurs blessés. À Sanoyah, l’accident rapporté impliquait notamment un camion transportant un conteneur et une moto-taxi.
Il devient donc indispensable de renforcer les contrôles portant sur l’état mécanique des camions, les systèmes de freinage, les pneumatiques, l’éclairage, la surcharge et l’arrimage des marchandises.
Mais le véhicule n’est qu’une partie de l’équation. La qualification du conducteur est tout aussi essentielle.
Conduire un poids lourd exige une formation spécifique : anticipation, maîtrise des angles morts, distances de sécurité, freinage, conduite en descente, comportement en présence des motos et piétons, gestion de la fatigue et respect strict des limitations de vitesse.
Former avant de conduire
La lutte contre l’insécurité routière ne doit pas reposer uniquement sur les sanctions. La formation et la prévention doivent occuper une place centrale.
Une personne peut savoir déplacer un véhicule sans pour autant maîtriser les principes d’une conduite professionnelle et sécuritaire.
C’est pourquoi les auto-écoles, les entreprises de transport, les sociétés minières, les syndicats de transporteurs et les institutions publiques doivent travailler ensemble pour développer davantage la formation initiale et continue des conducteurs.
L’AGUISER elle-même identifie la formation et la sécurisation parmi ses axes prioritaires de prévention et souligne notamment l’intérêt des stages dans les grandes entreprises de transport et des actions de sensibilisation auprès des jeunes.
Responsabiliser également les entreprises.
Les entreprises utilisant des camions, véhicules de transport, engins lourds ou motos dans leurs activités ont également une responsabilité importante.
Elles devraient mettre en place des programmes réguliers de conduite défensive, des contrôles périodiques des véhicules, une vérification des qualifications des chauffeurs et des séances de recyclage sur la sécurité routière.
Un chauffeur professionnel bien formé protège sa propre vie, mais également ses passagers, son entreprise et tous les autres usagers de la route.
Une responsabilité collective
La Guinée dispose d’un Code de la route applicable notamment aux véhicules automobiles, tracteurs routiers, engins roulants, cyclomoteurs et motocycles circulant sur le territoire national.
En février 2026, le Ministère des Transports et l’AGUISER ont également lancé le processus de présentation de la Stratégie Nationale de Sécurité Routière 2026–2030, avec l’ambition de réduire durablement les accidents de circulation.
Cette ambition nécessite cependant la mobilisation de tous : pouvoirs publics, forces de sécurité, collectivités, entreprises, auto-écoles, transporteurs, conducteurs de poids lourds, motocyclistes, automobilistes et piétons.
Aucune course, aucune livraison et aucun rendez-vous ne vaut une vie humaine.
Respecter le Code de la route, entretenir son véhicule, porter son casque, éviter la surcharge, respecter les limitations de vitesse et surtout se former correctement avant de prendre la route sont des gestes simples qui peuvent sauver des vies.
Auto-École PILI – Société Océan D’Or
Notre engagement : former aujourd’hui des conducteurs responsables pour rendre les routes guinéennes plus sûres demain.
La sécurité routière est l’affaire de tous. Sur la route, soyons responsables.